« Lâcheté » : nom féminin ; Manque de courage, poltronnerie, couardise ; Action lâche, indigne ; Dictionnaire HACHETTE, Edition 2003. « Lâche » : qui est sans courage ; Même édition et même dictionnaire.
Nous sommes le mardi 13 janvier. 6H30, le réveil sonne. Heure habituelle, pour le personnage fictif que je suis, pour se lever. A noter que le nom de « réveil » est fort intéressant. Aujourd'hui, il prend tout son sens pleinement. 6H30, le réveil sonne, donc je me réveille. 6H50, 20 minutes après que mon fidèle serviteur m'ait réveillé, 20 minutes qu'aucun membre de mon corps n'ait bougé à part, bien sur, les yeux exerçant leur gymnastique matinale pour empêcher que je me rendorme. De plus, ce travail fort efficace me permet de réfléchir à ma journée tout en expulsant ces cernes causés par mon écriture du jour précédent.
Après cette dure bataille opposant psychologie et physique, jouant le rôle de résistant, me voilà enfin levé et, étrangement comparé à l'épisode antérieur du réveil, il ne me faut...15 minutes pour me doucher, me raser, me coiffer, me déodoriser. Je mériterai une médaille. Je jette des coups d'½il à gauche à droite. Rien. La médaille sera pour une prochaine fois. Ou jamais. Enfin, je ne sais pas. Et pourquoi je dis ça ?
Bref : Episode du réveil/levé terminé. Je passe la séquence « petit-déjeuner », quelque chose d'habituel : charcuterie, Nutella, bacon, pain, café, journal (je ne le mange pas) et jus de fruit. Truc banal de ma vie en clair. Après tout cela, je m'en vais de chez moi et direction le quartier commercial rejoindre un ami. Je ne sais pas si vous l'avez chez vous, c'est le genre de personne assez vantard, qui aime les petits tours qui le font rire sans penser aux conséquences. Vous voyez ? Et bien c'est LUI avec qui je vais passer ma matinée au centre commercial et autres petites boutiques aux alentours.
J'arrive à l'heure, pile poil, soit 8H. J'ai oublié de mentionner que c'est le genre d'ami qui arrive en retard et qui, quand il arrive, crie ton nom pour bien se faire remarquer. Il arrive alors à 8H35 et 24 secondes, tranquillement et dès qu'il me voit se jette sur moi, du genre faux cul juste pour qu'il puisse se rattraper de son retard excessif. Bien sur j'acquiesce et joue l'humour de l'ignorance avec cette phrase cultissime : « Ne t'inquiète pas, je viens d'arriver moi aussi ». Le principal c'est qu'il est arrivé et que j'ai pu garder mon calme et ma gentillesse. Il est vrai que j'ai vite oublié cet incident pour enfin attaquer le shopping. Tout y passe : vêtements, confiseries et gastronomie de tout genre (surtout nippone et asiatique : une vraie passion à la fois pour moi, personnage fictif et l'auteur de ce texte) ; parfumerie. L'admiration de ce magasin est assez incroyable. Je suis autant fasciné par les jolies femmes présentes mais aussi par les prix exorbitants des parfums qui ne font que la grandeur d'une boîte de tic tac, et certainement 4 sixièmes de son contenu. Incroyable la puissance commerciale présente dans ce lieu. Après une longue étude du pourquoi tant d'achat avec ces prix, je enfin trouve la solution idéale et certainement la plus plausible.
Je suis tout d'abord parti par cette question : Pourquoi acheter un produit très éphémère alors qu'il n'est utile qu'au charme et à la bonne présentation ? Cette question m'a donné l'envie de rire en repensant à cette vieille femme de la banque à qui j'ai demandé de l'argent la dernière fois (oui distributeur en panne). Cette femme ne devait pas aimer la discussion avec les clients. Non pas qu'elle ne se lave pas ou qu'elle libère la sueur causée par une dure journée de travail devant un bureau avec les néons sur la tête et la lampe de bureau au bureau (justement) constamment allumé ; mais elle a lié, avec aisance et stupéfaction, odeur de parfum migraineuse et puissance d'appuie sur la flacon. Je n'ai jamais vu un repousse-client aussi efficace, à peine je me suis assis pour lui demander de soutirer que je me suis moi-même soutirer de cette banque, les billets en main en les secouant efficacement afin d'éviter que cette émanation féminine, ici plutôt monstrueuse, me colle au vêtement jusqu'à toucher la peau.
Souvenir revenu, j'ai pu enfin trouver ma réponse. Je vous l'expose par équation : (ça + ça + ça + ça + ça) x 200 = achat. Admettons que ça est un parfum étant à l'intérieur du magasin, et que ceci doit en contenir un millier. Vous vous demandez pourquoi c'est égal à l'achat. Je vais développer mon calcul et vous comprendrez : Tous les parfums présents dans la boutique causent un mal de crâne insoutenable donc le sens olfactif largement plus faible cause une défaillance cérébrale donnant la possibilité de perturber le client. Là, et vous l'avez surement remarqué 5 minutes après votre entrée, un commerçant vous attrape et vous demande « Vous voulez quelque chose ? ». L'hésitation à répondre vous prend laissant au vendeur une indication de votre faiblesse. A cet instant il vous appâte tel un chasseur dans la savane en vous proposant moultes et divers produits variant entre l'agréable jusqu'au nauséabonde. En s'appuyant sur vos réactions involontaires causées par la ribambelle d'odeur vous déflagrant le cerveau, notre cher commerçant vous propose enfin d'acheter un produit. Là, vous êtes tel un soit disant sorcier soumis à des mois de tortures durant le Moyen-âge, vous vous inclinez devant la puissance de ce magasin en vous dirigeant vers la caisse, symbole de victoire chez l'ennemi. Après avoir déversé la somme considérable d'un quart d'un mois de salaire pour un flacon, le caissier vous propose un choix : « Je vous le laisse tel quel ou vous fait un papier cadeau ? ». Une nouvelle charge aggravant votre psychologie s'ajoute : le porte-monnaie pleure. Totalement déstabilisé, déconcentré, dépité, désarticulé, vous agréez à la demande alors que ce 4 sixième de tic tac vous est destiné, quoi qu'il va errer longtemps au fond de votre placard à beauté où un jour vous le ressortirez en le reniflant vous remémorant votre pire défaite commerciale.
Revenons à nos priorités tout de même : le shopping. Bref, on n'y revient pas vraiment car le fait de parler de commerce concerne aussi l'univers du shopping non ? Donc je me suis trompé on y revient pas. Comment dit-on alors ? Ah ! Sortons de notre thématique concernant notre chère parfumerie et son pouvoir d'achat et continuons dans un autre lieu de culte. Souvent admiré par toutes sortes de personnalités, il reste le Dieu et plus particulièrement le chakra, la source de vie, de puissance des Nolifes mais aussi des Geeks. Certaines personnes ne me comprennent peut-être pas par ces deux termes, une brève explication s'impose : Nolife est une personne accro à une activité précise en particulier les jeux virtuels et surtout en ligne ; Geeks est un passionné dans un certain domaine. Les deux mots se ressemblent quoi que le « Nolife » soit plutôt tourné dans le domaine informatique. Et justement ! Nous y voilà enfin, le magasin multimédia et informatique. Fascinant aussi celui là. Je me suis toujours demandé comment tous ces produits sont alimentés. Question folle mais ça vaut bien l'équivalent de 6 mois de facture d'électricité. Enfin bref inutile de faire une recherche approfondie sur cela surtout que, comme la plupart des gens le disent, tant que ça marche, tout va bien. Magasin informatique donc qui nous permet d'acheter beaucoup de matériels « informatiques » permettant en autre de se couper de la vie réelle pour une durée indéterminée. Ma passion dans ces magasins c'est de tester les ordinateurs, placés à côté du mur aux milles télévisions qui passent tous la même chaîne mais étrangement décalé dans le temps. Mystère de la vie. Sur mes jolis ordinateurs, qui ne sont pas les miens, j'aime toucher les claviers, leur facilité au toucher mais aussi la réaction de l'écran, les couleurs, l'unité centrale, ce qu'elle fournit. L'esthétique de cette dernière peut être intéressante de temps en temps. L'autre fois, j'en ai vu une où fallait déplacer la façade sur le déçu pour avoir accès aux CD's, etc... Esthétique, mais d'une inutilité flagrante.
Alors que je tapote avec plaisir, tel un virtuose en train de tester ses nouvelles partitions, mon ami (ah vous l'aviez oublié celui-là) regarde la télévision. Je le vois étant donné que le rayon ordinateur est perpendiculaire au mur télévisuel. Je ne m'amuse pas à la regarder je suis plutôt concentrer à mon boulot bénévole de testeur de PC. « Amuser » est le mot juste en fait. Alors que je cherche à modifier le paramétrage de l'affiche sur un Mac, j'entends un bruit étrange mais familier. Vous voyez le bruit que l'on entend dans les films d'action quand le cambrioleur fait tomber la télévision pour menacer la famille ? Et bien celui-là, à part qu'il n'y avait pas de méchant homme menaçant le magasin. Je vois juste mon ami revenir rapidement vers moi et me disant gentiment « Je retourne vers la boulangerie, je vais me faire des sandwichs pour ce midi ». Sa phrase a débuté avant d'être proche de moi et s'est terminée à la sortie du magasin à peut prêt à 100 mètres. Il a eu une allure étrange tout de même. Ensuite, le bruit de casse m'est revenu. Que s'est-il passé ? Je me retourne et voit deux hommes de magasins s'approchant dangereusement vers moi. Juste le temps de me demander ce qu'il se passe qu'ils m'ont déjà dépassé pour se hâter vers la sortie regardant en direction de la sortie de mon ami. Alors qu'ils marmonnent des insultes entre eux, ils se retournent et me voit, s'approchent et me pose une question à laquelle j'aurai du réfléchir avant d'y répondre : « Connaissez-vous l'homme qui vient de partir ? ». Evidemment j'ai répondu que oui et la sentence m'est tombé dessus. Mon cher ami pêteux a trop tripoté le bouton d'une télévision désirant certainement regarder une autre chaîne. Le résultat s'en ai suivi d'une triple vrille avant de la télévision pour s'écraser élégamment sur le sol carrelé de la boutique. Et bien sur, cet abruti de première classe n'a pas assumé son acte et s'est enfui « lâchement ». A noter en plus qu'il m'a menti.
Il remporte donc le titre de lâche de première catégorie. Félicitation. Moi étant un honnête, je suis, du verbe suivre bien sur, gentiment ces vendeurs pour payer la télévision évitant de causer des dégâts sociaux et politiques. Ceci étant fait et 5 milles excuses ajoutées, je sors de ce temple maudit, sors le portable et sors le numéro de lâche-man. Ca répond pas, fallait s'en douter. Et je connais déjà la suite. Il ne me reverra plus, n'osera plus me parler et fuira dès qu'il s'approchera de moi avec inadvertance. Il est passé dans l'ascenseur social : étage ami sympatoch avec qui on sort pour faire du shopping, 20ème sous-sol ramassé d'imbécilité, ami infidèle, vermine de première catégorie, lâche.
Sur le chemin du retour, enragé par cette histoire, je remarque que cette catégorie de « lâche » apparait partout dans la société. Vous avez vu un exemple courant, ensuite vous avez les personnes qui fuient le jour du mariage, d'autres qui fuient les dettes, qui fuient la société, l'humanité. Le niveau basique de lâcheté est de donner l'accusation à quelqu'un d'autre, ensuite on a la fuite, variant dans les distances, jusqu'à la lâcheté désespérée soit la fin.
En marchant dans le parc en face de chez moi, je vois une feuille volant dans le sens du vent. Une belle image pour mon explication. Le vent courant derrière la feuille qui s'enfuit en le voyant. La nature est-elle faite exclusivement de lâcheté ? De fuite ? Une légère hésitation et peur et un contre exemple vient s'interposer à cette question, me rassurant : Des hommes se sont battus pour défendre leur cause, leur territoire. J'ai moi-même défendu mon intérêt en payant les dommages causés par autrui.
Ainsi donc il existe deux classes dans ce monde, quelque soit l'apparence : on a le lâche fuyant sans cesse à la recherche de la tranquillité qu'il ne trouvera jamais ; et l'homme honnête qui trouve la paix en assumant ses actes. Deux camps s'opposant fortement, pourtant le plus part des êtres bascules entre l'un et l'autre...
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